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Des salariées qui brisent les clichés et les préjugés

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Elles s’appellent Alexandra, Stéphanie, Karine, Jennifer, Youhanidi… Elles sont toutes salariées dans des SIAE du réseau. Autre point commun : elles se sont imposées dans des métiers souvent exercés par des hommes. À l’occasion de la Journée des droits des femmes le 8 mars, nous vous proposons de partir à la rencontre de ces femmes qui brisent les clichés et les préjugés !

Transmettre et accompagner à travers le maraîchage et l’horticulture

Alexandra a toujours aimé la nature. Ayant ce besoin d’exercer un travail manuel et à l’extérieur, elle s’oriente vers des études en horticulture. Son bac pro en poche, elle travaille ensuite à la ville de Thouars pendant plusieurs années : « On produisait les plants, on fleurissait les communes… Ce qui était intéressant, c’était de voir le résultat de notre travail et de faire plaisir aux habitants ».

En 2015, Alexandra intègre Les Jardins de l’Appui, un chantier d’insertion en maraîchage et en horticulture situé dans la commune de Saint-Georges-les-Baillargeaux : « Nous avons environ 5 000 m² de production plein champ et environ 700 m² de serres. Ici, on produit des plants pour la vente et on propose aussi des légumes de saison ».

Arrivée en tant que salariée en insertion, Alexandra passe assez vite aide encadrante puis encadrante technique : « J’avais travaillé pendant 4 ans dans l’animation au sein d’un centre de loisirs. L’aspect « social » me plaisait. Avec Capée, j’ai suivi une formation sur l’approche de l’encadrant technique… j’ai beaucoup appris et j’essaie d’appliquer ces connaissances au quotidien ».

Le métier d’encadrante technique convient parfaitement à la jeune femme : « C’est un poste très large… on anime, on manage, on transmet… Ce que j’adore c’est le rapport à l’humain, à l’adulte. Le fait de les aider, c’est ce que j’aime. On ne peut pas sauver tout le monde, mais je pense que pour certaines personnes qui sont passées sur le chantier, j’aurai mis ma petite pierre à l’édifice pour les aider ».

Alexandra a dû faire ses preuves pour s’imposer : « Certains hommes m’ont sous-estimée. En tant que femme, il faut redoubler d’efforts, leur montrer qu’on peut se débrouiller, leur prouver qu’on fait bien le travail, aussi bien qu’eux ! Et puis c’est hyper important que les hommes apprennent à travailler avec les femmes ».

Aux Jardins de l’Appui, l’encadrante tient à avoir une équipe mixte : « Je veux vraiment une mixité homme / femme, une mixité d’âge, culturelle… Malgré nos différences, on est une équipe qui se soutient, on est motivés et on a envie de travailler. On arrive à avoir un équilibre qui fonctionne et c’est l’essentiel ! ».

Retrouver fierté et épanouissement grâce au chantier d’insertion

Le bâtiment ? Karine connait très bien ! Issue d’une famille de démolisseurs dans le Nord de la France, elle a grandi sur les chantiers. « On m’a souvent dit que ce travail n’était pas fait pour moi… Qu’il fallait que je retourne dans ma cuisine aux fourneaux. Mais moi j’aimais ça ! », explique-t-elle.

A bientôt 55 ans, la salariée de VMS a intégré la structure en septembre 2021. Depuis, elle s’épanouit pleinement et son entourage l’a bien remarqué : « Les gens sont contents pour moi, ils me disent que j’ai changé, que ça se voit sur mon visage, que je ne suis plus la même personne… Aujourd’hui, je suis fière de ce que je fais… Je suis fière de rentrer fatiguée le soir chez moi et de m’endormir avant la fin d’un film ! C’est de la bonne fatigue », ajoute Karine en rigolant. « Je suis bien dans ce que je fais. Là, je redécouvre un cadre, même si parfois c’est dur, même si parfois il fait froid… Je suis bien. Je remercie la toute jeune conseillère de Pôle Emploi qui m’a orientée vers VMS… Je la remercie et je pense qu’elle ne s’est pas rendue compte de ce qu’elle a fait ce jour-là… ».

Seule femme parmi ses 11 collègues, Karine est très bien intégrée dans l’équipe : « De toute façon, j’ai toujours été habituée à bosser avec des hommes. Au début, on se regarde, on se titille… Mais il y a une très bonne ambiance, on s’entend bien. »

Comptez également sur elle pour vérifier les finitions : « La différence qu’il peut y avoir avec mes collègues, c’est que je prête attention aux détails ! Pour moi, à la fin d’une journée ou à la fin d’un chantier, il faut que tout soit propre, tout soit nettoyé… Au début, c’est toujours moi qui m’occupais de ça, mais maintenant, on tourne et ils le font aussi ! ».

Cet été, Karine profitera de ses congés pour partir… sur un chantier ! Taille de pierre et maçonnerie au programme, pour restaurer un château dans l’Aveyron…

Youhanidi : perfectionniste et exigeante

C’est au collège qu’un professeur de peinture lui donne envie de devenir peintre en bâtiment… Encouragée par sa mère, Youhanidi a su écouter ses envies malgré certaines appréhensions : « Je savais qu’il n’y avait pas beaucoup de femmes dans ce milieu… Plusieurs personnes autour de moi trouvaient que c’était bizarre que je me lance dans la peinture… elles disaient que ce n’était pas un métier pour les femmes. Mais ça me plaisait donc j’ai foncé ».

Menuiserie, maçonnerie, plomberie, peinture… La jeune salariée aime tout dans le bâtiment. Elle travaille chez HARPE depuis deux mois. Dans son équipe, c’est la plus minutieuse ! « Mon chef m’a fait la remarque… Je suis plus concentrée, j’aime que ce soit propre, je peux repasser sur une finition encore et encore… Je suis très appliquée et attachée aux détails… Même mes collègues le disent ! ».

Sur les chantiers, les clients sont parfois surpris de la voir : « On me pose beaucoup de questions ! Il n’y a jamais de critiques, ils sont juste très étonnés et moi j’aime bien discuter avec eux ».

Plus tard, Youhanidi souhaiterait intégrer une plus grosse entreprise du bâtiment et pourquoi pas, devenir cheffe d’équipe.

De l’aide à la personne aux métiers du bâtiment… Une reconversion professionnelle réussie.

Jennifer était auxiliaire de vie. Elle s’occupait des personnes âgées à leur domicile, en maison de retraite et à l’hôpital. Un jour, elle décide de quitter son poste et de changer de voie : « Je n’acceptais plus les conditions et la façon de travailler dans mon ancien boulot. Je voulais un métier qui m’apporte de la satisfaction et j’attendais davantage de reconnaissance », explique-t-elle. C’est en réalisant des travaux chez un ami que le déclic se produit : « J’ai adoré ! J’étais active, en mouvement, je faisais des choses différentes et puis j’ai été super contente de voir le résultat final des travaux ». En 2013, elle s’inscrit à l’AFPA de Rochefort et suit une formation de peintre en bâtiment.

Après plusieurs expériences en intérim, Jennifer intègre Cap Vert en mai 2021 : « Trouver une place de peintre en bâtiment en tant que femme, ça reste compliqué… les portes s’ouvrent, mais il faut trouver les bonnes ! ».

Dans l’équipe de salariés en parcours, Jennifer est la seule femme : « Ce n’est pas un problème, il y a une bonne entente entre nous… Après, oui, il peut y avoir des réflexions … Mais ça reste bon enfant ! Et parfois, je suis pire qu’eux ! S’ils jouent, je joue aussi et ça les calme rapidement ! ».

Aujourd’hui, Jennifer est pleinement épanouie. Malgré les doutes que pouvait avoir son entourage, la jeune femme a réussi à s’imposer : « Maintenant, mes proches sont tous très contents pour moi. Et puis, c’est en mettant des coups de pieds dans les stéréotypes et les clichés qu’on fait bouger les choses. »

 

Stéphanie : la passionnée du composite

Encadrante technique à Cap Vert, Stéphanie a toujours été attirée par les métiers manuels et l’artisanat. « J’avais suivi une formation « Composites, plastique chaudronnés » car je trouvais le composite intéressant. Ce matériau permet de créer plein de formes, il n’y a pas de limites. J’ai ensuite eu une expérience dans la fabrication de carénages d’ULM et je me suis rendue compte que c’était assez dur, salissant, plein d’odeurs, très chimique… C’était trop pour moi ».

Arrivée à Cap Vert en 2015 en tant que salariée en parcours, elle trouve rapidement sa place dans la structure : « On est des salariés polyvalents ici, on touche un peu à tout. Je me souviens, moi j’avais commencé par fabriquer un siège de kayak pour une personne en situation de handicap. Petit à petit, j’ai appris la menuiserie avec les autres salariés ». Cette « touche-à-tout » devient assez vite assistante technique puis encadrante. Une nouvelle fonction pouvant être difficile à accepter par certains hommes de son équipe de 9 salariés : « C’est par le travail qu’on arrive à se faire respecter. Il faut montrer de quoi on est capable, valoriser nos compétences, nos savoir-faire. »

Les clients, eux aussi, peuvent avoir des apriori en voyant la salariée sur un chantier : « On a des clients qui sont inquiets de voir arriver une femme faire des travaux chez eux… Ils nous regardent avec des yeux ronds et se demandent ce qu’on vient faire ! Là encore, ils sont convaincus une fois qu’ils voient le résultat final ! ».

Pour Stéphanie, ces comportements ne sont pas étonnants : « C’est quand même très ancré dans la société : il y a des métiers d’hommes, des métiers de femmes. Même si ça évolue ! Mais il faut oser se lancer ! Oser essayer autre chose qui, de toute façon, ne nous rendra pas moins féminine ».

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